Directeur de l’Institut Arabe des Droit de l’Homme: “Traînement, scrupule et ambiguïté résume l’approche de l’état Tunisien par rapport au droit des réfugiés”

Directeur de l’Institut Arabe des Droit de l’Homme: “Traînement, scrupule et ambiguïté résume l’approche de l’état Tunisien par rapport au droit des réfugiés”

Le directeur de l’Institut Arabe des Droit de l’Homme Abdelbaset ben Hassan a récemment déclaré dans une interview publiée par le journal “Leaders Tunisie”, dans sa version web que la ratification d’une loi fondamentale pour protéger les réfugiés en Tunisie est une décision “purement politique” et que selon lui il y’a “un traînement, du scrupule et une ambiguïté dans l’approche choisi par l’état Tunisien par rapport à cette loi .

Abdelbaset Ben Hassan a attribué cela à trois causes, la première étant l’absence d’une vision claire de l’État sur les questions d’asile et la continuité des mesures prises dans ce domaine avec la succession des gouvernements. La seconde raison est la peur qui prévaut dans la société de voir les réfugiés venir de manière significative dans leur pays et saisir les opportunités d’emplois assignés aux Tunisiens, ainsi que la crainte de donner un accès aux terroristes, ce qui pourrait poser une menace à la sécurité du pays. La troisième cause, c’est le racisme enraciné dans la société Tunisienne.

“Ben Hassan” a également souligné que l’Institut travaille avec d’autre partenaires sur la sensibilisation à la protection des réfugiés face aux discours de discrimination à leur égard et aussi pour faire pression afin de fournir un cadre juridique face à la question de l’asile en Tunisie.

Concernant la mission de fournir des conseils juridiques aux réfugiés, Abdelbasset Ben Hassan a indiqué que l’institut a mis en place une unité de conseil et d’assistance juridique pour les réfugiés et les demandeurs d’asile en Tunisie dans le cadre d’un projet de partenariat avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés en 2018.

Cette unité consiste à informer les demandeurs d’asile nouvellement enregistrés de leurs droits, leur fournir des conseils juridiques, et faciliter l’obtention de documents similaires au séjour, aux permis de travail, à l’état civil … mais aussi d’expliquer et de faciliter les procédures d’obtention de la citoyenneté tunisienne.

Au fait, il a aussi souligné à Saad Jamoussi, directeur du programme d’intégration économique et sociale des réfugiés, mis en place par L’Association Tunisienne pour la Gestion et la Stabilité Sociale (TAMSS) depuis 2019 en partenariat avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, que l’association tient à ce que les réfugiés travaillent avec des contrats de travail qui les protègent de l’exploitation et garanti leurs droits en l’absence d’une loi nationale qui les protège.

Il a ajouté que l’association a créé trois versions des contrats de travail. La première formule est un contrat de travail légal régulier, indiqué par le ministère de la Formation et de l’Emploi, qui autorise son propriétaire à bénéficier d’une couverture sociale auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale, et la loi sur les étrangers de 1968 s’y applique, mais cela n’est possible que si le réfugié a un passeport.La deuxième formule est un contrat de “travail interne” qui est approuvé par l’association et l’Institut arabe des droits de l’homme et qui oblige l’employeur à fournir une couverture sociale au travailleur contre les accidents du travail. La troisième formule est «un contrat de travail pour un travailleur journalier ou saisonnier» qui est sous la supervision de l’association et qui est avec l’employeur, et ça concerne les réfugiés qui n’ont pas de justificatifs et qui vont travailler dans la construction et dans le domaine agricole.

Il a également affirmé que l’association tient à ce que les réfugiés reçoivent un salaire similaire à celui reçu par les Tunisiens et elle tient aussi à ce qu’ils aient les mêmes horaires et conditions de travail.

Cela, selon Jamoussi, qui a déclaré que le programme ne concernait que les réfugiés, pas les demandeurs d’asile, et qu’il incluait seulement la tranche d’âge entre 18 et 60 ans, et que la priorité était accordée aux familles et aux personnes en situation de vulnérabilité.

source: Leaders

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