Nécessité de réorganisation du temps de travail selon les secteurs de production

Début mars, le confinement en France commençait, symbole d’une crise sanitaire doublée d’une crise économique dont l’ampleur s’accroît durant les mois qui suivent. Certes le déconfinement progressif qui a été entamé, le 11 mai, permettra une reprise de l’activité économique. Mais cette reprise sera faite avec une productivité ralentie, et ne pourra remédier aux pertes pendant cette période. Comment concilier dès lors travail et capital pour faire face à la crise économique actuelle ?

La demande mais aussi l’offre devront être soutenues par l’État. En sortie de confinement, les réponses de politique macroéconomique s’appliqueront au travers de mesures déléguées sous forme d’enveloppes dédiées aux régions les plus touchées.

En matière de travail, il paraît évident en effet que les périodes de confinement strict ou orienté (assoupli), et la nécessité de travailler en coexistant durablement avec un virus en circulation vont bouleverser durablement les organisations productives : diminution de la productivité du fait de la réduction des interactions sociales et de la désorganisation des chaînes de production, développement accéléré de nouvelles formes d’organisation du travail, surcharge de travail dans certains secteurs économiques et au contraire sous-charge dans d’autres.

Pour répondre à ces défis, il faut penser à un soutien aux entreprises qui souhaitent accroître le temps de travail, sans sacrifier la question de sa rémunération. Au-delà des assouplissements de certaines réglementations, et pour tenir compte des difficultés financières des entreprises, des dispositifs de paiement différés du temps de travail supplémentaires sont, passant par des mécanismes de participation,

d’intéressement ou d’épargne salariale. Le dialogue social au sein des entreprises doit pouvoir autoriser de tels arrangements au cas par cas.

Envisager également un traitement de la question du temps de travail au-delà du secteur privé, autant pour des raisons évidentes d’équité que pour des questions d’efficacité économique et sociale. Des augmentations ciblées du temps de travail sont ainsi proposées dans la fonction publique sur une durée précise avec un aménagement du temps de travail, notamment dans l’Éducation nationale pour rattraper les semaines de retard scolaire.

Cette contribution se propose de traiter la question du travail, de sa durée et de son aménagement. Pour la question des politiques de soutien de l’offre dans son ensemble, notamment autour du soutien à l’investissement, elle fera l’objet d’une autre publication

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