Le chercheur tunisien Mohamed Amine Chtioui˸ Un parcours de réussite d’un jeune tunisien dans les universités françaises

“La recherche scientifique est un monde sans aucune restriction, défini par des règles et des valeurs propres à ce domaine et qui diffèrent de ce qui est familier dans notre monde.”

C’est ce que notre invité Mohamed Amine Chtioui a déclaré au début de notre rencontre. Notre invité est un jeune professeur et chercheur tunisien à l’Université de Grenoble en France.

Amine Chtioui a souligné que sa distinction dans le domaine de la recherche et de l’enseignement dans les universités françaises n’était pas un coup du hasard ou un coup de chance. Mais c’était plutôt le résultat de sa grande passion pour la recherche scientifique et l’enseignement supérieur, et c’est pour cette raison que notre invité a préféré travailler dans ce domaine, malgré les nombreuses offres d’emploi séduisantes qu’il a reçues de la part de plusieurs entreprises françaises.

De la Tunisie à la France

Notre interviewé a suivi son enseignement primaire et secondaire dans les écoles publiques tunisiennes, et après avoir obtenu son baccalauréat, il a fait ses études supérieurs à institut préparatoire aux études d’ingénieurs, puis à l’École nationale d’ingénieurs de Monastir où il s’est spécialisé en génie mécanique.

L’immigration en France n’était pas dans ses projets, mais quand il y est allé, il n’avait comme but qu’étudier et approfondir ses connaissances à travers un stage de fin d’études dans le domaine de la “biomécanique”, après avoir eu l’opportunité de passer son stage dans

un laboratoire à Marseille en février 2014, à l’Institut des recherches sur les phénomènes hors équilibre (IRPHE), et ce dans le cadre de partenariat entre l’école des ingénieurs de Tunis et l’école centrale de Marseille.

Amine Chtioui a indiqué que la France lui a attribué une bourse laboratoire de 450 euros par mois durant son stage, soit le salaire minimum légal de l’époque, les autorités françaises lui ont également offert la faveur de séjourner dans un des foyers universitaire là bas.

Il a poursuivi : « j’ai terminé mon stage de fin d’études, qui a duré 3 mois, avec succès, toutes les conditions furent bonnes en termes de traitement et de travail, et à la fin de la période de stage mes professeurs en France ont proposé que je poursuive la thèse de doctorat, mais le financement de la recherche était le seul obstacle.”

Financement tuniso-français … pour la science

Un obstacle qui n’a pas dissuadé notre interviewé de poursuivre sa recherche et ses études en France après avoir obtenu l’accord pour entreprendre une thèse de doctorat dans le cadre d’un partenariat entre l’Université tunisienne représenté par le professeur tunisien Abd El Wahab Dokki, qui est considéré comme l’un des piliers de la recherche scientifique dans le domaine de la mécanique en Tunisie, selon notre invité, et la partie française représentée par les professeurs de l’Ecole Nationale de Marseille.

Concernant le problème du financement de la recherche, notre interviewé a confirmé que cet obstacle a été rapidement résolu après l’obtention d’un financement conjoint franco-tunisien, où la partie tunisienne lui a octroyé une bourse de six mois qu’il reçoit chaque deux mois, et l’Université française (Le Campus France) lui a octroyé une bourse d’excellence Eiffel.

Entre la Tunisie et la France …

Amine Chtioui a indiqué que la plupart des recherches liées à la thèse de doctorat, ont été élaborées en France, compte tenu le développement des équipements. Ce qui a nécessité son séjour en France pendant 26 mois en plus de 10 mois de recherche en Tunisie.

Le chercheur a ajouté que le laboratoire français a fait preuve de coopération, dans le cadre de ce qui est garanti par la loi française. Le laboratoire a pris en charge les frais de transport vers la Tunisie en plus des frais de son séjour au foyer pendant les derniers mois de la période de recherche, qui sont limités à 3 ans, qui ne peuvent pas être prolongés.

Chtioui a poursuivi: “Après avoir travaillé dur et avec beaucoup de patience, j’ai terminé avec succès toutes les recherches de thèse de doctorat liées aux méthodes de diagnostic précoce des douleurs au bas du dos (usure du cartilage), qui est l’une des maladies provoque non seulement une forte douleur mais aussi une incapacité à bouger dans certains cas. Cette maladie et aussi considérée comme l’une des causes les plus importantes de l’arrêt précoce du travail.

Sachant que les symptômes de cette maladie sont difficiles à détecter à ses débuts, même avec des examens radiologiques, de sorte que la plupart des patients sont obligés de recourir à la chirurgie ou se contenter uniquement des massages, ce qui n’a pas souvent fait preuve d’efficacité”.

Il a souligné que le sujet de la recherche concerne principalement l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et sa fusion avec des programmes de modélisation numérique pour la détection précoce des symptômes.

Il a ajouté que ses recherches dans ce domaine ont été couronnées de succès et que les résultats de ses recherches ont été publiés dans plusieurs revues scientifiques.

Concernant la relation entre le sujet de recherche et la “biomécanique”, Mohamed Amine Chtioui a déclaré que la modélisation numérique était principalement basée sur le comportement mécanique du cartilage pendant qu’une personne est assise ou fait un mouvement tel que marcher avec l’observation et l’enregistrement de ce qui se passe mécaniquement et biologiquement dans le cartilage et observer les raisons qui les font perdre leurs propriétés mécaniques avec l’âge de la personne .

Il a souligné qu’au cours de son processus de recherche, il s’était largement référé aux résultats du professeur de l’École nationale d’ingénieurs de Sousse Moncef Khis, qui avait auparavant effectué ses recherches au sein du même laboratoire français.

Succès et distinction au sein des universités françaises

Le chercheur tunisien, Mohamed Amine Chtioui, qui a 31 ans, a souligné sa passion de transmettre des connaissances aux autres, ce qui explique ses choix sur le marché du travail, alors qu’il travaillait à l’Université de Montpellier au poste d’ingénieur de recherche puis en tant que chercheur spécialisé en programmation scientifique au Centre national de la recherche scientifique et actuellement professeur et chercheur à l’Université de Grenoble.

Il a souligné qu’il n’avait pas rencontré de difficultés pour s’intégrer dans la société française, ni rencontré de difficultés de recrutement et de travail, étant donné que les institutions et universités françaises ne sont pas contraintes par des conditions qui excluent les non – français.

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